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Dante Alighieri, Dali Salvador
Paris, Éditions d'art les heures claires, 1959-1963.
6 volumes in-folio de 183 pp. + (1) f. de table + justificatif + note aux souscripteurs + 189 pp. ; (1) f. de table + 182 pp. ; (1) f. de table + 204 pp. ; (1) f. de table + justificatif + 188 pp. ; (1) f. de table + 193 pp. ; (1) f. de table + justificatif.
Format des feuillets : 26 x 33 cm.
Format des étuis : 27,5 x 35 cm.
L’ensemble en 6 volumes regroupe les 100 planches gravées d’après Dali ainsi que les feuillets de texte, sous couvertures à rabats (ou rempliées) titrées, sous chemises et étuis illustrés d’origine (étuis écrus à décor doré et polychrome), dans leur carton d’emballage d’origine.
Tirage limité à 4765 exemplaires. Un des 3900 exemplaire sur pur chiffon de Rives. Ici, le n° 1165.
À l’occasion du septième centenaire de la naissance de Dante, le gouvernement italien, représenté par la Libreria dello Stato à Rome, décide en 1950 de confier à Salvador Dali l’illustration de la Divine Comédie. L’artiste présente l’année précédente au pape Pie XII une première version de La Madone de Port Lligat, qui reçoit son approbation.
Salvador Dali signe alors un contrat prévoyant, outre la réalisation des illustrations, l’organisation d’une exposition et la publication d’un ouvrage. Il entreprend dès lors l’exécution de cent aquarelles correspondant aux cent chants de la Divine Comédie de Dante Alighieri.
Toutefois, lorsqu’une partie des aquarelles est exposée en 1951, une vive polémique éclate. Le choix du peintre surréaliste espagnol ne fait pas l’unanimité et suscite des débats. La Libreria dello Stato rompt alors le contrat avec Dali, estimant que l’œuvre de Dante doit être illustrée par un artiste italien.
Déjà engagé dans le projet, Dali poursuit son entreprise en tant qu’unique maître de son œuvre. Il y déploie les principes de sa méthode paranoïaque-critique : déformation des corps, fragmentation des objets, automatisme psychique, exploration du subconscient et dimension onirique. Dans les illustrations de l’Enfer, le surréalisme s’exprime avec une intensité particulière à travers des visions fantasmagoriques, des apparitions grotesques, une sexualité latente et des formes désarticulées. À mesure que le parcours progresse vers le Paradis, son style s’oriente vers un réalisme plus marqué, traduisant le passage du chaos à l’ordre, de la souffrance à l’harmonie et à la transcendance. Guidé par sa propre vision artistique, Dali dépasse parfois les indications du texte de Dante, s’accordant une liberté créatrice qui suscite des réactions contrastées, entre fascination et rejet.
Cette série de cent illustrations demeure aujourd’hui remarquable par la richesse de son imaginaire surréaliste, ses références psychanalytiques et son interprétation audacieuse de l’itinéraire allant de l’Enfer au Paradis.
En 1959, il présente ses aquarelles à l’éditeur français Joseph Forêt, qui décide d’acquérir l’ensemble des originaux ainsi que les droits exclusifs de reproduction en vue de la réalisation d’un ouvrage de luxe. Celui-ci paraît aux éditions Les Heures Claires entre 1959 et 1963, sous la direction de Jean Estrade. Les cent aquarelles de Dalí y sont reproduites sous la forme de remarquables xylographies hors texte, réalisées par Raymond Jacquet et Jean Taricco, nécessitant près de 3 500 bois. Texte de Jean-Claude Daragnès.
En 1960, une exposition des cent aquarelles a lieu au Musée Galliera, à Paris, en présence de Salvador Dali.
Exemplaire dans un très bel état de conservation. Les étuis, demeurés protégés dans leurs cartons d’emballage d’origine, sont exempts de tout frottement ou empoussièrement.