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Belle petite édition « en faveur des dames » de cette tragédie romanesque, se voulant « digne des yeux dont il a fait couler les larmes », selon son auteur.
Paris, De l'imprimerie de Monsieur, 1789.
In-18 (12,8 x 8 cm) de 1 frontispice + XXXV +244 pp. + 3 planches numérotées.
Plein maroquin vert à long grains, dos lisse rond orné de caissons dorés ornés aux petits fers, frise décorative dorée encadrant les plats, pointillés dorés sur les coupes, frise décorative dorée sur les contre-plats, gardes de papier rose, tranchefiles de soie rosés, tranches dorées. Reliure de l'époque.
Première édition séparée de ce récit, d’abord publié comme complément à la deuxième édition du Voyage à l’Île de France, puis à la troisième édition des Études de la nature.
Dans son Voyage à l’Île de France, à l’Île Bourbon et au cap de Bonne-Espérance, comme dans Paul et Virginie, Bernardin de Saint-Pierre dénonce le crime de l’esclavage et compte parmi les auteurs qui s’y opposent alors sans ambiguïté, au nom de l’égalité de tous les hommes.
Situé dans le cadre idyllique de l’île de France (actuelle île Maurice), Paul et Virginie relate les amours contrariées de deux jeunes gens, tragiquement séparés lors du naufrage du Saint-Géran. Les personnages de Marie et Domingue, esclaves auxquels l’auteur accorde une place essentielle, participent à l’idéal humaniste qui traverse l’œuvre.
Il s’agit de l’édition de luxe de ce texte, qui connut un vif succès dès sa publication et fut réédité à maintes reprises jusqu’au début du XXe siècle. Elle fut imprimée sous la direction de Pierre-François Didot le Jeune, sur un papier de premier choix provenant de ses papeteries d’Essonnes.
Cette édition est ornée de vignettes exécutées d’après les dessins de Jean-Michel Moreau (dit Moreau le Jeune) et Joseph Vernet, et gravées sur cuivre Abraham Girardet, Louis Michel Halbou et Joseph de Longueuil, tous artistes parmi les plus renommés de leur temps. Leur concours atteste le soin remarquable apporté à cette publication, pour laquelle, un siècle plus tard, Henri Beraldi écrivait encore que « les bibliophiles font aujourd’hui des folies ».
Provenance : tampon et ex-libris de Georges Wendling.
Ex-dono : E. Rey (?)
Bibliographie :
BERALDI Henri, Les graveurs du dix-huitième siècle, Paris, D. Morgand et C. Fatout, 1880-1882, tome 2, p. 321 ; 379, n° 25.
BERALDI Henri, Les graveurs du dix-huitième siècle, Paris, D. Morgand et C. Fatout, 1880-1882, tome 3, p. 186, n° 991-994.
HEBERT Michèle et al., Inventaire du fonds français, graveurs du XVIIIe siècle, Paris, Bibliothèque nationale, 1968, tome 10, p. 290, n° 30.
Exemplaire de premier choix admirablement relié à l'époque en maroquin vert et doré aux petits fers.