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Auserlesene Merckwürdigkeiten, von Alten und neuen theologischen marckschreyen,
Weislinger Johann Nicolaus
Auserlesene Merckwürdigkeiten, von Alten und neuen theologischen marckschreyen, Taschen-Spieleren, Schleicheren, Winckel-Predigeren, falschen Propheten, Blinden-Führeren, Splitter-Richteren, ...
Strasbourg, Johannes Franciscus Le Roux, 1738.
4 volumes in-12 de (1) f. double page de titre en rouge et noir + (22) ff. de dédicace et approbations + 120 pp. d'avant-propos + 950 pp. + (32) ff.n.ch. de registre + (1) d'errata + (1) f. table des illustrations + 7 pl. hors-texte ; 816 pp. + (27) ff.n.ch. de registre ; (2) ff. de notes et table des illustrations + 6 pl. hors-texte ; 1152 pp. + (1) f. de notes et table des illustrations + 5 pl. hors-texte ; 827 pp. + (30) ff. de registre + (2) ff. de notes et table des illustrations + 2 pl. hors-texte. Total de 20 planches hors-texte.
Format : 16,5 x 10,5 cm.
Plein vélin (marbré pour le T1), dos à nerfs orné de caissons et fleurons dorés, pièce de titre tranches jaspées (rouge pour le T1). Reliures de l'époque.
Important manque à la coiffe supérieure du tome I et à la coiffe inférieure du tome IV. Craquelures aux dos, avec petits manques aux coiffes sur l’ensemble des volumes. Frottements aux plats du tome IV. Intérieur uniformément bruni.
Quelques anciennes restaurations sont à signaler : T2 pl. V (p. 268) ; T4 pl. II (p. 198).
Édition originale de ce pamphlet en quatre tomes de Weislinger, publié à Strasbourg en 1738, portant sur la controverse autour de Luther et de la Réforme.
Il s’agirait de l’ouvrage « le plus grossier, le plus obscène et le plus ignoble jamais produit par un auteur catholique dans le domaine du pamphlet. L’œuvre regorge d’attaques de la pire espèce contre Luther — des attaques inégalées même dans le Lucifer Wittenbergensis d’Engelhard » (traduit du Hayn-Gotendorf IV, 328).
Les gravures comprennent des représentations satiriques, mettant en scène des personnages anthropomorphes, représentations de vices et d'injustice, ainsi que de nombreux portraits de grandes figures de la Réforme.
Tome 1 (7 gravures hors-texte) :
I. M. Maximilian Biber, le prédicateur, accompagné du Bauckelmännlin (frontispice) ;
II. Les armoiries du dédicataire de l’ouvrage, Damian Hugo Philipp von Schönborn-Buchheim, signées par Jean Martin Weis (père), présentant notamment la croix de l’Ordre Teutonique ainsi que le collier de cardinal de la Sainte Église catholique romaine (avant la dédicace) ;
III. Une pièce de monnaie à l’effigie de Luther (Vorrede, p. 55) ;
IV. Une extraordinaire gravure au format in-folio reprenant un tract illustré édité en 1517 à l’occasion du centenaire de la Réforme protestante (Vorrede, p. 67) :
Le titre, rédigé en latin, signifie : « Martin Luther, docteur en sainte théologie, ressuscité », faisant ainsi de Luther une figure antitypique. Plus précisément, il renvoie à une représentation qui se pose en contre-modèle de la religion chrétienne luthérienne orthodoxe, tout en s’opposant à l’idolâtrie attribuée à la papauté.
La gravure est divisée en deux parties, qui se distinguent tant par leurs tonalités que par leur contenu. À gauche, surmontée du terme allemand « Leben » (« Vie »), elle représente Luther guidant les fidèles vers la lumière rayonnante du Christ. À droite, intitulée « Todt » (« Mort »), elle plonge l’Église catholique dans l’obscurité et met en scène les dérives attribuées à la papauté : l’Église y apparaît sous les traits de la prostituée de Babylone, chevauchant la bête de l’Apocalypse à sept têtes, tandis que sont également représentées la vente des indulgences et les tortures infligées par l’Inquisition.
La composition reprend, en la détournant, la structure iconographique traditionnelle du Jugement dernier. Le Christ Juge, habituellement représenté au sommet de la composition, assis sur son trône et séparant les élus des damnés, est ici remplacé par un Seigneur qui accueille les protestants et les conduit vers la lumière. À l’inverse, les catholiques sont relégués dans la partie obscure de la composition et soumis à la torture et à la mort, à l’instar des damnés traditionnellement condamnés aux supplices de l’Enfer. La gravure opère ainsi un renversement du schéma eschatologique traditionnel : le partage entre salut et damnation ne s’effectue plus selon la distinction entre élus et pécheurs, mais selon l’appartenance confessionnelle, les protestants étant associés au salut tandis que les catholiques sont assimilés aux damnés.
Une composition bipartite qui paraît avoir été inspirée, bien que dans une veine moins virulente, par Die wahre Religion Christi und die falsche Lehre des Antichristen de Lucas Cranach le Jeune (1545).
V. Une représentation de personnages métamorphosés en bêtes (p. 495) ;
VI. Une personnification de la Justice sauvagement dévorée par de grands chiens (p. 781) ;
VII. Une pièce représentant un personnage regardant à travers ses doigts (p. 783).
Tome 2 (6 gravures hors-texte) :
V. Une gravure reprenant un feuillet de propagande protestante datant de la guerre de Trente Ans (1632) : à l’arrière-plan, une vue de la ville d’Augsbourg ; au premier plan, une figure allégorique en pleurs, un bûcher de livres et un cavalier en armure représentant le roi de Suède Gustave II Adolphe (p. 268) ;
VI. Une représentation de la ville d’Augsbourg sur laquelle tombe, de part et d’autre, une pluie de catholiques : à gauche, les capucins et les franciscains sont vomis par une bête apocalyptique à plusieurs têtes ; à droite, les jésuites sortent de la gueule de l’agneau apocalyptique (p. 272) ;
VII. Une représentation des bêtes apocalyptiques terrassées par Gustave II Adolphe, roi de Suède (p. 276) ;
VIII. Une représentation d’une sorte de bannière figurant une tête de mort et un animal fantastique ailé (p. 314) ;
IX. Une représentation des deux faces d’une médaille : sur l’une, une crucifixion ; sur l’autre, un serpent enroulé autour d’une croix, ainsi que des personnes mourantes, évoquant une épidémie de peste (p. 704) ;
X. Une représentation d’une crucifixion (p. 704).
Tome 3 (5 gravures hors-texte) :
XI. Représentation de Luther et Eisleben (p. 66) ;
XII. Philippus Melanchton (p. 314) ;
XIII. Anna Maria von Schurmann (p. 863) ;
XIV. Antonius Haaseck (p. 872) ;
XV. Johann Agricola (p. 68).
Tome 4 (2 gravures hors-texte) :
I. Un portrait de Luther avec l'épée et une cape de charlatan bigarrée (p. 110, trad. du titre donné dans le tome IV) ;
II. Deux gravures en regard représentant Martin Luther et son épouse Catherine de Bore, d’après les célèbres portraits en pendant peints par Lucas Cranach l’Ancien en 1526.
Bel exemplaire complet de toutes ses planches.
Provenance : tampon violet « Bibliotheca Domus. Professor J. Wiennensis »
Bibliographie : Rehn, Dana. « Shining a Light on Darkness: A broadsheet marking 100 years after the Reformation » [en ligne ] : lire l'article
Technische Daten
- Titel
- Auserlesene Merckwürdigkeiten, von Alten und neuen theologischen marckschreyen, Taschen-Spieleren, Schleicheren, Winckel-Predigeren, falschen Propheten, Blinden-Führeren, Splitter-Richteren,...
- Autor
- Weislinger Johann Nicolaus
- Herausgeber
- Le Roux
- Platz
- Strasbourg
- Datum
- 1738