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Le pâtissier pittoresque.

Carême Antonin

Par l'inventeur du vol-au-vent.

2 800 €

Le pâtissier pittoresque. Composé et dessiné par M. Antonin Carême, de Paris, contenant cent vingt-cinq planches gravées au trait, dont cent dix représentent une variété de modèles de pavillons, de rotondes, de temples, de ruines, de tours, de belvédères, de forts, de cascades, de fontaines, de maisons de plaisance, de chaumières, de moulins et d'ermitages ; Précédé d'un traité des cinq ordres d'Architecture, selon Vignole ; auquel on a joint des détails des ordres Cariatide, Poestum, Egyptien, Chinois et Gothique ; tirés de l'ouvrage de M. Durand, parallèle des monuments antiques et modernes.

Troisième édition , revue et augmentée.

Paris, imprimerie de Firmin Didot, 1828.

In-8 de (1) f. blanc + (3) ff. (faux titre, titre & frontispice), 66 pp.+ (1) f. blanc & 125 planches numérotées (2 planches entre la planche 110 et 111 ne sont pas numérotées)

Figures gravées au trait par L. Normand d'après les dessins de Carême.

Format : 15,5 x 23,5 cm

Quelques rousseurs çà et là, planches intactes.

Demi-veau tabac, dos à quatre nerfs orné de filets, de frises dorées et de fleurons à froid, tranches marbrées réalisées en homogénéité avec les gardes. Reliure de l'époque.

Troisième édition extrêmement rare. Elle porte la signature d'Antonin Carême au verso du feuillet de faux-titre.

"Je déclare contrefait tout exemplaire de cet ouvrage qui ne sera pas revêtu de ma signature"

L'ouvrage est dédié à M. Muller, l'un des maîtres d"hôtel de la maison du Tsar.

Au sujet de ce livre extravagant, voyez l'excellente notice de Daniel Rabreau, Carême le citoyen-architecte in L'art culinaire au XIXe siècle, Antonin Carême, Expos. Orangerie de Bagatelle, 1984 pp. 40-43. Il situe ce premier livre illustré de Carême dans le contexte philosophique et artisitique de l'époque, le rattache à la grande tradition des livres sur l'art des jardins paysagers du XVIIIe siècle, en explique la mégalomanie par l'ambiance de ce Paris du début du XIXe siècle qui avait vu tant de mises en scènes architecturales.

Vicaire qui ne connaît pas cette édition donne par erreur comme troisième édition celle de 1842 ; inconnue aussi de Bitting, de Drexel (qui donne 1842) tout comme Georg 1629. Horn donne la seconde édition de 1822. Sotheby's (Schraemli) 106 avait la quatrième, tout comme Westbury 98.

La première édition d'une insigne rareté date de 1815.

On peut donc en penser que cette édition est extrêmement rare.

(Oberlé Gérard - Les fastes de Bacchus et de Comus ou histoire du boire et du manger en Europe, de l'Antiquité à nos jours, à travers les livres. 1989)

Carême commence son apprentissage à l’adolescence, et est bientôt embauché rue Vivienne, chez Bailly. Pour cultiver son imagination, son maître l’encourage à se rendre à la Bibliothèque impériale, pour compulser des livres de voyage et les recueils d’estampes. Pour Carême, c’est une épiphanie : “la bibliothèque fut l’objet de toutes mes pensées, et je ne manquais jamais le mardi et le vendredi, jours publics, d’y passer quelques heures. Le grand cabinet des estampes et gravures m’inspira le beau sentiment d’émulation ; et peu à peu je sortis du néant où le sort m’avait fait naître...Tout ce qui avait rapport au dessin influa beaucoup sur mon imagination : l’Egypte, la Grèce et l’Italie m’inspirèrent le goût de l’architecture”. Architecture et pâtisserie deviennent bientôt indissociables dans l’esprit de Carême, au point de faire de la seconde, “la branche principale” de la première. Les deux arts se mêlent dans le volume, à la fois dans les planches et dans la partie textuelle finale, intitulée : “Traité des cinq ordres d’architecture de Vignole”. Carême y décrit notamment les gravures finales, qui représentent divers détails de ces ordres, et conclut avec la description du mastic qu’il utilise pour solidifier ses constructions pâtissières. Carême semble parfois considérer la forme pâtissière comme une entrave à ses ambitions architecturales. Il confie, presque à regret, dans son épître : “j’eusse cessé d’être pâtissier, si je m’étais aveuglément abandonné à mon goût naturel pour le genre pittoresque, tel que je le conçois pour être propre à l’embellissement des parcs des princes et des jardins particuliers” (p. 8). Au service de Talleyrand dès 1814, courtisé par les plus grands pour orchestrer leurs cuisines (George IV, Alexandre Ier, le baron James de Rotschild), il prend des leçons auprès de l’architecte Charles Percier, et publiera lui-même plusieurs recueils de gravures architecturales, affranchies des limites inhérentes à la pâtisserie. On attribue généralement à Carême l'invention du vol-au-vent.

Cagle, n°124 ; Vicaire, col. 145 (n’a pas vu l’édition originale, qu’il mentionne sans la décrire).

Provenance : Collection Etienne Taron à Metz (tampon à l'encre violette)

Très bon exemplaire conservé dans sa première reliure.

Fiche technique

Titre
Le patissier pittoresque.
Auteur
Carême Antonin
Editeur
De l'imprimerie de Firmin Didot
Lieu
Paris